Depuis la réouverture et l’occupation temporaire du Fort d’Aubervilliers en 2014, nous avons eu la chance inespérée de produire avec les artistes plusieurs dizaines d’œuvres. A tout instant, ces créations émettent leur magie, continuellement et auprès de nombreux habitants et passants.
Nous partageons cette destinée avec les commanditaires qui nous ont accordé leur confiance. Les enjeux se croisent pour les maitres d’ouvrage, essentiellement publics, dans des logiques complexes mêlant l’urbain, le social, le touristique, l’éducationnel.
La quête de sens et de justesse a guidé la conception de nos créations. En référence à notre mentor, Ernest Pignon-Ernest, nous recherchons l’harmonie fertile entre l’œuvre et le lieu. Bien au delà d’un simple embellissement, l’endroit fait autant œuvre que la main de l’artiste, qui fait naître la magie dans un site.
Le travail dans l’espace public abrite un autre enjeu, celui de l’appropriation par le public d’œuvres qu’il côtoie parfois quotidiennement. Pour nous guider, nous avons trouvé refuge dans la médiation, la contextualisation et l’exigence.
La médiation pour favoriser la réception des œuvres par les habitants; la contextualisation, pour générer du jeu, qu’il soit dialectique ou formel, avec l’emplacement; et l’exigence fut celle de proposer au public des œuvres humaines et d’une certaine profondeur, de celles qui ne s’épuisent pas en quelques regards.
In fine, les créations s’offrent aux spectateurs. A l’image d’un banc, d’un boulodrome ou d’un bac à sable, ces œuvres peuvent appartenir aux gens s’ils s’en saisissent. L’expérience montre que cet objectif est souvent atteint, les œuvres intégrant le patrimoine local. Les gens possèdent et partagent des œuvres d’art originales.
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